Le collectif Esprit Nature

Cela fait maintenant un peu plus d’un an que notre collectif existe et plusieurs mois que nous exposons nos photographies dans divers lieux des Alpes-Maritimes. Mis à part auprès des visiteurs de nos expositions, nous n’avons jamais pris le temps de nous présenter.

Une idée s’est développée au fur et mesure de mes expériences :

               Lorsqu’on débute en photographie l’idée germe assez vite de vouloir trouver des gens qui ont la même passion que nous pour pouvoir la partager et l’amplifier ensemble. A quoi cela sert de faire des photos si on n’a personne à qui les montrer et avec qui en discuter ? Souvent on s’oriente rapidement vers les clubs photos. Très bonne idée, mais pour ma part, ne pratiquant quasiment que la macrophotographie d’insectes, je ne risquais pas trop de m’y retrouver.
               Les clubs photos ont la plupart du temps pour vocation de ne pas se spécialiser dans un domaine de la photographie en particulier et de proposer des formations sur un peu tous les thèmes. Pour apprendre la technique générale liée à la prise de vue, c’est excellent, mais l’idée de m’enfermer dans une salle ne m’enchantait guère… De plus, peu de macrophotographes ou de photographes de nature étaient présents dans les clubs photos à mes débuts. Du coup je n’ai pas creusé le sujet.
               Ayant commencé la photographie au début des réseaux sociaux, j’ai rapidement rencontré virtuellement d’autres jeunes photographes de nature désireux d’échanger sur le sujet. C’est ainsi que je me suis retrouvé pendant quelques temps au sein de différents petits collectifs virtuels. Mais quelque chose me manquait : mis à part les discussions en ligne, rien de vraiment concret… pas réellement de projets à l’horizon… Difficile de s’organiser lorsqu’on ne s’est jamais rencontré en vrai. Et pour ma part je souhaitais que cela aboutisse à des expositions communes. Chose difficilement réalisable lorsque les gens sont éparpillés sur tout l’hexagone.
               Ensuite arriva le temps de mes premières expositions et de mes premières rencontres de personnes aussi bizarres que moi, ceux qui passent leur temps libre à fouiller les hautes herbes. Là, lors des expos les discussions vont bon train avec les « collègues ». Mais en dehors de ces événements ponctuels, il ne se passe pas grand-chose non plus. Il y eut quelques tentatives de monter des collectifs mais encore une fois je ne me retrouvais pas dans l’idée de monter un collectif pour faire un collectif sans avoir un projet concret derrière. De plus, je m’aperçois qu’il m’est difficile de m’investir dans ces regroupements si je ne connais pas réellement tous les membres et leur vision propre de la photo de nature.

               Du coup une idée à commencer à émerger dans ma tête lorsque je suis arrivé dans le sud de la France.

Comment s’est créé le collectif
Esprit Nature :

L’idée :

               Un projet s’est monté au fur et à mesure dans mon esprit, une certaine évidence qui m’étonne encore de ne pas s’être produite plus tôt : regrouper des photographes de nature qui habitent dans le même coin que moi et qui ont une vision similaire à la mienne de la photographie de nature. Ceci dans le but de monter des expositions communes, au moins dans la région, qui présenteraient les différentes échelles de la photographie de nature : de la macrophotographie à la photo de paysage en passant par le gros animalier.

               Le concept était là, ne manquait plus qu’à trouver les photographes intéressés par l’idée.

La rencontre avec mes acolytes :

               Je suis arrivé dans la région de Nice fin 2016. A mon arrivée, j’ai naturellement recherché les petits festivals photo du coin pour commencer à prospecter ceux où je pourrais exposer. Je suis tombé sur le festival photo Menton et un stand m’avait particulièrement interpellé : toute une série sur le dragon de Komodo et pris en milieu naturel « Wouhouuu le genre de démarche que je recherche ! ». Malheureusement le photographe n’était pas là.
               Quelques mois plus tard, je suis exposant au 31ème festival photo de Mouans Sartoux, un visiteur s’arrête sur mon stand et nous discutons longuement autour de la photo de nature. Au fur et à mesure de la discussion je m’aperçois que c’est Monsieur Komodo : Nicolas Cegalerba. Il m’explique que dès qu’il le peut, il part en voyage photographier les espèces en danger en comptant uniquement sur des contacts locaux et ses propres moyens. Tout correspond avec le style de mentalité et de travail photographique que je recherche.  J’ai donc gardé précieusement le contact via les réseaux sociaux en attendant de trouver d’autres copains.

Nicolas Cegalerba prenant la pose devant son stand lors du festival Photo Menton 2017

               Le temps passe, les rencontres correspondant à mes recherches sont rares, beaucoup ne photographient qu’en parc… cela ne correspond pas trop à ma vision. Je commence à désespérer…

               Nouvelle édition du festival photos de Mouans Sartoux, je suis à nouveau parmi les exposants et avec un début de série centré sur l’Empuse.

Mon stand lors du 32ème festival photo de Mouans-Sartoux

               Après avoir fini de tout installer je fais un tour sur les autres stands. C’est la canicule, le stand de mon voisin me rafraichit bien avec ces superbes photos de paysage prises en Laponie. Ce n’est pas souvent que je vois des photos de paysage de cette qualité dans le secteur, est-ce que c’est un local ? « Tiens, il a profité de ce voyage pour réaliser le test du Canon 6D markII en condition extrême pour le magazine “Le Monde de la Photo” ». Bon dommage il n’est pas présent sur son stand aujourd’hui.

               Je continue le tour des stands de mes camarades d’expos : « Tiens des ours blancs !? Ah non ce ne sont pas des ours polaires, ils ont plus la morphologie des ours noirs et ils sont plus blanc crème que blanc. »
               Je reconnais donc l’ours Kermode, un ours noir mais qui est blanc. Cette couleur est dûe à un gène qui le rend blanc crème, une mutation différente de l’albinisme. Je connais ce phénomène puisqu’il y avait un article dans un ancien numéro de Nat’images sur le sujet… « Ah tiens c’est marrant ce numéro de Nat’images est sur le stand du photographe !? » … « Ah mais c’est vous !?!? », voici mes premiers mots échangés avec Emmanuel Juppeaux, fou furieux des ours de tout poil, d’animaux en tout genre et de nature de manière générale ! Nous discutons alors quelques minutes en attendant les premiers visiteurs. On semble être sur la même longueur d’onde. Deuxième contact intéressant ! Enfin !

Exposition au festival photo de Mouans-sartoux
Le stand d’Emmanuel Juppeaux lors du 32ème festival photo de Mouans-Sartoux
Nat'images numéro 48
Le 48ème numéro de Nat’images dans lequel vous pourrez retrouver l’article d’Emmanuel sur les ours Kermode

               Le lendemain, mon voisin d’exposition adepte de la photo de paysage naturel est là. J’en profite pour discuter de ces paysages de Laponie et du test de ce fameux boîtier. La discussion aboutit à une présentation de nos autres travaux, le tout dans une simplicité déconcertante devant ses photos de paysages magnifiques, « ah oui il a du talent ce jeune barbu ! ». C’est sa première expo en festoche de ce genre ! « Ben mec, va falloir en refaire pour montrer le reste hein ! ». Outre l’aspect artistique de ses photographies, il m’explique, que comme pour moi la photographie est pour lui un moyen de décompresser, de respirer et de se sortir de sa petite bulle en se reconnectant avec la nature.
               Troisième contact intéressant : Jean-Joaquim Crassous !

Exposition au festival photo de Mouans-Sartoux
Le stand de Jean-Joaquim Crassous lors du 32ème festival photo de Mouans-Sartoux

Proposition de l’idée :

               Plusieurs mois se sont écoulés, j’ai gardé contact avec mes 3 collègues photographes. Je suis leurs activités photographiques sur les réseaux sociaux. Je pense que j’ai bien trouvé les personnes que je cherchais. Je leurs soumets mon idée de collectif et mon projet d’expositions présentant les différentes échelles de la photo de nature. Entre temps mon idée d’exposition s’est précisée : et si chacun d’entre nous se concentrait sur un seul sujet ? Nicolas, avec les dragons de Komodo, Manu, avec les ours Kermode, Jean-Joaquim, avec une série de paysages européens et moi avec mes empuses.
Tous sont partants !

               Première étape : que tout le monde se rencontre physiquement… et autour d’une bière svp!
Nous nous sommes tous les 4 rapidement aperçus que le courant passait bien entre nous, que nous avions la même vision de la photographie de nature. Les discussions autour de nos expériences individuelles de photographe ou d’exposant se sont vite orientées vers l’idée du collectif et de l’exposition. Chacun a alors proposé ses différentes idées pour monter une exposition nickel !
Le collectif était né ! Il ne manquait plus qu’à trouver un nom !

               Depuis nous nous réunissons régulièrement et nous échangeons très souvent pour faire profiter chacun de nos différentes expériences personnelles, pour faire avancer le collectif et trouver différents lieux où accrocher nos tirages. Nous nous coachons également entre nous pour nos dossiers d’expos persos. Je pense que le fait que nous soyons tous dans la même tranche d’âge aide à la compréhension de chacun et rend ce collectif rapidement productif. Nos séries d’images respectives se précisent, s’agrandissent, nous réalisons un premier dossier d’exposition regroupant toutes nos séries et présentations. Ce dossier nous permet de planifier une première exposition pour Septembre-Octobre 2020 au parc Phoenix de Nice !
Entre temps, nous sommes arrivés à accrocher les tirages sur d’autres lieux : l’office du tourisme de Valberg (06) en Août 2019, le festival Explorimages en Novembre 2019. Puis le Covid-19 est arrivé et a fait tomber à l’eau quelques autres projets d’expos planifiées. « Pas grave on se rattrapera après le confinement !!! ».

Nicolas prenant la pose lors de notre première exposition commune à l’office de tourisme de Valberg
Nicolas et moi-même devant le stand du collectif lors du 24ème festival Explorimages
Jean-Joaquim Crassous posant fièrement devant ses images
Jean-Joaquim Crassous posant fièrement devant ses images lors du festival du livre du Rouret
Emmanuelle expliquant la biologie des dragon de Komodo à des enfants
L’avantage de s’organiser à plusieurs est de pouvoir compter sur les copains lorsque l’un de nous n’est pas disponible. Ici nous avions profité de notre exposition au Rouret pour organiser des visites avec les différentes classes de l’école du coin. Emmanuel remplace Nicolas pour un cours sur la biologie des dragons de Komodo.

               Pour ceux qui n’ont pas encore eu l’occasion de nous rencontrer lors de ces quelques premières expositions (et en attendant de vous croiser lors d’une prochaine) voici une présentation des 4 membres actuels. 

Les 4 membres du collectif :

               Photographe professionnel spécialisé dans le reportage Nature et Environnement depuis 2006. Passionné de nature depuis toujours, il a commencé la photographie vers l’âge de 13 ans. En 1999, lors d’une expédition en Guyane, il découvre la forêt tropicale. C’est le déclic, il y retourne à plusieurs reprises pour photographier la nature et décide de faire de sa passion son métier. Il intègre alors l’école de photo ETPA à Toulouse. Depuis il réalise des reportages sur les espèces menacées et les ONG qui les protègent, ainsi il a travaillé à Madagascar, en Bulgarie, en Indonésie, aux Philippines ou encore dernièrement au Népal.

               Amoureux de voyages et de pérégrinations, dans des destinations parfois lointaines ou bien juste à côté de chez lui, il ne peut concevoir la découverte d’un paysage sans essayer d’en capturer un moment de lumière privilégié. Il est fasciné par la diversité et la beauté que nous offrent les paysages de notre planète. Aussi dès que l’on sait se mettre en retrait, patienter et l’observer, elle nous dévoile souvent l’espace de quelques courts instants des tableaux de créations uniques. Il ressent comme un besoin vital pour lui de partir régulièrement se reconnecter à la nature et à ses éléments. Nos modes de vie nous maintiennent hors de ce lien qui nous unit pourtant à elle. S’éveiller avec elle en contemplant un lever du soleil ou la regarder s’endormir dans la danse des derniers rayons de lumière du jour, sont des temps de pauses imposés qui résonnent en lui comme le vrai «luxe» de notre temps.

               Photographe indépendant depuis 2007 et passionné d’image, de montagne, de nature et de voyages depuis toujours, Emmanuel Juppeaux en a progressivement fait son métier et son activité professionnelle. Elle s’articule aujourd’hui essentiellement autour de l’illustration et de la mise en image d’articles de presse.Terre sauvage, Alpes Magazine ou Partir en France comptent parmi les parutions auxquelles il collabore régulièrement et qui s’accordent pleinement avec ses envies de grands espaces. Des montagnes du Parc National du Mercantour, où s’ancrent ses racines aux contrées lointaines, où le mènent ses voyages, Emmanuel profite de ses escapades proches ou lointaines pour proposer des sujets plus personnels, proches de ses aspirations profondes en lien direct avec la découverte d’une nature belle, fragile et mystérieuse.

Moi (Thibault Andrieux) :

               C’est en 2010 que j’ai commencé à prendre mes premiers clichés. Je me suis spécialisé  de plus en plus dans le domaine de l’entomologie (partie de la zoologie traitant des insectes et autres arthropodes terrestres) ; cela est d’ailleurs devenu mon métier. La macrophotographie est alors apparue pour moi le meilleur moyen d’observer ce petit monde. Ce domaine de la photographie de Nature me permet de conserver les fragments les plus intimes de ce microcosme et d’en partager ma vision avec le grand public. 

Notre exposition actuelle :

               Notre exposition actuelle se compose, comme expliqué précédemment, de 4 séries distinctes permettant de présenter différentes échelles de la photographie de nature. Notre dossier d’exposition est disponible en cliquant sur l’image ci-dessous :

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