Sécurité et Macrophotographie

La

sécurité liée à la pratique de la macro en nature

Comme toute activité en extérieur, la photo nature de manière générale et dans mon cas, la macrophotographie, est soumise à quelques règles simples de sécurité. Il convient de préparer en amont ses sorties et d’avoir conscience des différents risques liés à cette activité. Ici je vous ai donc fait une synthèse de ma préparation et des différents risques que j’ai pu identifier lors de mes sorties. Faire des photos d’insectes c’est bien, sans se mettre en danger c’est encore mieux !

Les bonnes pratiques :

Comme beaucoup j’imagine, je fais la plupart du temps mes images en solitaire dans la nature. L’image du photographe nature est en règle générale celle d’un ours solitaire en pleine nature. C’est un peu mon cas, j’ai du mal à être créatif si je ne suis pas seul. Je ne peux donc pas compter sur l’aide de quelqu’un s’il arrive un problème car je serai par définition seul. Donc comment pallier cela ?

Prévenir de sa localisation :

Tout d’abord, il convient simplement d’informer quelqu’un de confiance de votre destination. Pour ma part, ma compagne est toujours informée de la localisation du spot où je me rends. Bien que n’étant jamais venue avec moi sur le terrain, elle saura à qui s’adresser en cas de besoin dans mon entourage de photographe. Si je pars sur un nouveau spot je lui indique sur une appli GPS, ou cartographie, la localisation la plus précise de là où je me rends. Je lui indique également une approximation de l’heure ou période à laquelle je compte plier bagage. En cas de problème, elle saura donc rapidement prévenir les secours et les orienter.

Capture d'écran de google map
Les applications de géolocalisation type Google Map ou encore Iphigénie permettent de récupérer les coordonnées GPS d’un point sur la carte. Une capture d’écran de ce point, ou un partage de votre position, vous permettra d’indiquer simplement votre future position en contrée sauvage.

 

Être joignable/repérable à distance :

Aujourd’hui, à peu près tout le monde dispose d’un téléphone portable permettant d’appeler du secours en cas de besoin. En revanche, cela marche moins bien si vous êtes à plat niveau batterie. Donc comme les batteries de votre appareil photo, pensez à charger votre téléphone avant de partir. Celui-ci pourra également vous aider à partager votre position précise sur place. N’hésitez pas à rajouter une batterie externe dans votre sac à dos avec différents types de câbles, cela sera toujours utile.

Si vous êtes un peu sportif ou geek vous avez certainement une montre connectée pour vos sorties sportives ou randonnées. Certaines de ces montres permettent de partager automatiquement votre position GPS avec une personne de confiance lorsque vous démarrez une activité. Certaines disposent également d’une détection automatique de chute ou malaise permettant de prévenir immédiatement les secours ou une personne de confiance. Ceci est en général géré par l’application du fabricant de la montre. Il est donc nécessaire que votre montre et votre téléphone aient suffisamment de batterie.

Ma montre garmin fenix 7
Depuis quelque temps, j’utilise une Garmin Fénix 7 pour le sport et mes sorties photos. Celle-ci à l’avantage d’avoir un boîtier robuste me permettant de me rouler par terre sans souci. Elle me permet également de partager ma position en direct via le mode Livetrack.

                Autre application intéressante via les montres connectées : le mode Backtrack, si vous avez lancé une activité tracée par le GPS de votre montre et que vous vous êtes perdu en cours de route, ou perdu dans le brouillard, le mode Backtrack consiste à ce que la montre vous guide à rebrousser chemin jusqu’à votre retour.

Le partage de votre position à l’aide de votre téléphone ou montre connectée est valable lorsque vous êtes dans une zone couverte par le réseau téléphonique. Si vous êtes adepte de randonnées vous vous êtes sans doute déjà retrouvé dans des zones blanches, sans réseaux. Pour se déconnecter du monde ce n’est pas mal, pour appeler les secours c’est beaucoup moins pratique. Si vous avez donc l’habitude de photographier dans ces zones coupées du monde connecté, il serait donc judicieux de s’équiper d’une balise de détresse. C’est un petit appareil qui passe par une communication satellite et qui vous permet de prévenir les secours même en zone blanche. En général, elle dispose d’un bouton SOS bien identifiable qui, une fois actionné, envoie aux secours un message d’alerte accompagné de vos coordonnées GPS. Cela nécessite un abonnement supplémentaire. Couplé à votre téléphone portable, cela permettra à vos contacts de vous suivre via le Livetrack. Selon votre abonnement, associé à la balise, vous pouvez aussi envoyer des messages via ce réseau satellite.

Voici une petite balise que je me suis achetée d’occasion il y a quelques temps. Mon idée était d’aller randonner et bivouaquer dans le Mercantour sur quelques jours. En pleine montagne, le réseau téléphonique classique ne passe pas. Celle-ci me permettrait de rester en contact avec ma compagne et les secours en cas de besoin. Maintenant il ne me reste plus qu’à trouver le temps pour faire cette rando, ce qui est plus difficile…

                Maintenant que l’on sait à quel endroit vous cherchez, il faut encore pouvoir vous trouver rapidement sur le secteur. Et pour cela il faut pouvoir se rendre visible.




Être repérable sur le terrain :

Pour ma part j’ai, de base, toujours un gilet jaune dans mon sac à dos. Le but premier étant de me rendre facilement repérable pour les autres humains sur le secteur où je travaille. La première raison pour moi est que mes spots habituels de photos sont des réserves de chasse. Digérant mal le plomb, j’évite d’être confondu avec du gibier. Si je me retrouve par mégarde dans un secteur où cela canarde, je peux compter sur l’aspect voyant de mon gilet jaune. Je peux aussi le coupler avec une casquette fluo. Une tenue fluo glissée dans votre sac à dos sera toujours utile, pour vous rendre visible des chasseurs ou pour vous rendre plus facilement identifiable par des secouristes qui vous cherchent en milieu naturel. Pour faciliter l’identification de la direction dans laquelle vous vous trouvez, vous pouvez aussi glisser un sifflet dans votre sac, ou même un grelot.

Moi en gilet jaune
Ce n’est pas élégant mais ce n’est pas ce qu’on recherche avec ce genre d’équipement. L’intérêt est de se rendre bien visible.

 

L’eau c’est la vie !

Cela paraît tout bête mais il faut y penser, toujours partir avec une gourde pleine. Même si en règle générale pour la macro on ne part pas bien loin on ne sait jamais ce qui peut vous arriver. On peut se passer de nourriture pendant quelques jours. Pour l’eau les besoins sont beaucoup plus importants et selon la météo la déshydratation peut arriver vite. J’ai habituellement avec moi une gourde solide que je remplis avant de partir. Lorsque je pars pour des secteurs plus éloignés je peux prendre avec moi une gourde filtrante pour me recharger en haut dans les cours d’eau de montagne (où je sais que l’eau n’est pas polluée). Le filtre me permet d’éliminer les bactéries et parasites dangereux potentiellement présents dans cette eau non contrôlée. N’étant pas en zone tropicale le risque de virose est, a priori, négligeable.

Mes gourdes
Ma gourde classique et ma gourde filtrante. La gourde filtrante me sert à remplir la gourde classique en pressant la poche souple.

Pensez à une trousse de secours :

Cela peut prendre un petit peu de place dans le sac à dos mais vous serez bien content d’avoir cela sous la main en cas de besoin. Vous pouvez trouver des petites trousses de secours en pharmacie : quelques pansements, bandages, des épingles à nourrice, une couverture de survie, de la solution désinfectante,… A compléter avec un petit couteau de poche et, SURTOUT, un tire tique.

Ma trousse de secour
Voici la trousse de secours qui nous sert lors de nos randonnées ; elle est assez encombrante mais contient tout ce qu’il faut en cas de besoin.

Maintenant que j’ai fait le tour des bonnes pratiques à adopter, voici maintenant un petit listing des dangers que j’ai identifiés dans ma pratique de la macrophotographie sur une quinzaine d’années. Cela vaut pour mon expérience de macroteux, certainement que pour d’autres pratiques de la photo nature la liste sera différente. Par exemple, pour ma part, je suis assez peu sensible aux risques liés aux avalanches…




Les dangers, du plus problématique à l’anecdotique :

Les tiques :

Les tiques sont des acariens hématophages. Il existe en France plusieurs espèces. Chacun des stades, du plus petit à l’adulte, se nourrit de sang. Elles s’accrochent à la peau des animaux et provoquent une blessure pour en prélever le sang. Ce sont des organismes dit telmophage. Les tiques utilisent une sorte de harpon pour provoquer cette blessure et s’accrocher à la peau. Les tiques sont vectrices de maladies et notamment de la maladie Lyme ou borréliose.

Image d’une tique de l’espèce Ixodes ricinus dans la position d’attente typique. Lorsqu’un animal passera à sa proximité et qu’il effleurera le brin d’herbe, la tique s'agrippera à l’animal.
Image d’une tique de l’espèce Ixodes ricinus dans la position d’attente typique. Lorsqu’un animal passera à sa proximité et qu’il effleurera le brin d’herbe, la tique s’agrippera à l’animal.

                La maladie de Lyme est une infection bactérienne. Lors de la première phase, une plaque rouge se forme au niveau de la morsure. Elle va s’étendre rapidement autour de cette morsure. C’est ce qu’on appelle l’érythème migrant. Il ne se produit pas dans 100% des cas et il peut être dû à d’autres infections bactériennes. Je vous conseille de consulter un médecin dès que vous vous retrouverez avec une tique accrochée sur vous car les traitements antibiotiques ne fonctionnent que pendant cette première phase et, je le redis, l’érythème migrant n’apparaît pas dans 100% des cas. Passé cette phase les antibiotiques ne peuvent plus atteindre la bactérie. Il faudra donc faire avec : complications neurologiques, articulaires, cardiaques…
                Si vous n’êtes pas sensibilisé à cela, je vous invite à écouter cet épisode du podcast “Safe Pace”, podcast sur la thématique du sport d’endurance en extérieur. Les traileurs sont aussi pas mal impactés par les risques liés aux tiques.

Maintenant que vous êtes conscient du risque, comment s’en prévenir ? Dans un premier temps, il faut simplement empêcher les tiques d’accéder à votre peau avec une barrière physique : vos vêtements. Lorsque je pars faire des images en nature je suis toujours en pantalon, chaussures de randonnée montantes et chaussettes. Cela me permet déjà d’éviter de me lacérer les tibias dans les ronces mais cela évite aussi de permettre aux tiques d’accéder directement à ma peau. J’utilise également un répulsif que je pulvérise sur mon pantalon et en insistant bien sur la zone des chaussures et chaussettes. Je me pulvérise également du répulsif sur la peau au niveau de la ceinture, sous le t-shirt et au niveau du cou, de la tête et des bras. Ainsi les tiques qui auraient eu le temps de remonter le pantalon ou mon t-shirt, se retrouvent sur une peau couverte d’une substance répulsive qu’elles ne reconnaissent pas comme un site de morsure potentiel. Cela m’est d’ailleurs arrivé plusieurs fois d’avoir une tique en train de me marcher dessus sans s’accrocher. J’utilise un répulsif contenant 50% de DEET, efficace également contre les moustiques.

A votre retour de sortie photo, le premier réflexe sera de vous mettre à poil pour vous examiner afin de vérifier que vous en n’avez pas ramené avec vous. Vérifiez bien partout, surtout les zones des plis et où la peau est fine. Si vous n’êtes pas assez souple, demandez à votre conjoint de vérifier pour vous. Vous verrez cela rapproche bien … Ensuite, direction la douche pour bien éliminer le répulsif chimique de la peau.

En cas de morsure, n’essayez surtout pas de retirer la tique directement avec vos gros doigts, ne la brûlez pas avec une cigarette ou un briquet, et n’utilisez pas de substance chimique sur la tique encore accrochée sur la peau. Le risque en procédant ainsi est de (pour vous donner une image qui vous empêchera de faire cela) “faire dégueuler” la tique directement dans votre sang. Libérant ainsi d’autant plus d’organismes infectieux. La seule option possible est de simplement utiliser un tire tiques permettant de décrocher la tique sans la presser.

Selon la taille des tiques il est judicieux d’avoir avec vous deux tailles de tire tiques. On glisse ce mini pied de biche autour de la tique et on fait plusieurs rotations jusqu’à ce que la tique se décroche.
Selon la taille des tiques il est judicieux d’avoir avec vous deux tailles de tire tiques. On glisse ce mini pied de biche autour de la tique et on fait plusieurs rotations jusqu’à ce que la tique se décroche.

 

Les moustiques :

Les moustiques sont des diptères chez lesquels la femelle adulte est hématophage.
Les larves sont aquatiques et se nourrissent de microorganismes en filtrant l’eau. Les femelles peuvent pondre uniquement en utilisant leurs réserves énergétiques accumulées pendant les stades larvaires. Le repas sanguin leur permet cependant de pondre plus d’œufs. La présence d’eau stagnante favorise donc le maintien des populations. Les femelles piquent directement dans les vaisseaux sanguins pour en aspirer le sang, ce sont des organismes solénophages. Les femelles repèrent, à l’aide de leurs antennes, la position des vaisseaux sanguins en détectant la chaleur émise par le flux sanguin. Il existe plusieurs espèces de moustiques en France. Au niveau mondial les moustiques sont la plus grosse cause de mortalité humaine via les maladies qu’ils vectorisent. Le moustique tigre est aujourd’hui bien implanté dans l’hexagone. C’est une espèce connue pour être un vecteur de diverses maladies. Maintenant que le vecteur est présent, ces maladies peuvent se répandre. Heureusement, pour le moment les cas sont rares et bien suivis. Lorsqu’un patient est atteint d’une maladie exotique, des campagnes de démoustication sont réalisées pour éviter la prolifération de la maladie.

Culex pipiens
Bien souvent, la présence de moustiques transforme les séances de prise de vues en combat acharné entre ces vampires et moi. Celui-ci était en train de me piquer alors que je réalisais un gros plan d’un autre sujet. J’en ai profité pour lui tirer le portrait en pleine action… foutu pour foutu …

Aujourd’hui, dans l’hexagone, le danger est plutôt de transformer votre séance photos en un cauchemar plutôt que de présenter un risque sanitaire réel (a priori). Combien de sessions photos ont été gâchées à cause de la présence trop importante des moustiques ? Surtout que le moustique tigre n’attend pas la nuit pour vous pomper le sang. Lors de mes sorties je suis très rapidement entouré de plusieurs dizaines d’individus assoiffés de sang. Rien de plus agaçant que d’être concentré à faire des images et d’être gêné par ces vampires qui cherchent le moindre mm² de peau pour vous pomper le sang. Pour éviter cela, j’utilise la même technique qu’avec les tiques : vêtement + répulsif contenant 50% de DEET. Oublier toutes les solutions folkloriques censées être répulsives : les ultrasons et les huiles essentielles ne fonctionnent tout simplement pas. Même si le packaging est aguicheur, pour citer mon ancien professeur d’entomologie médicale : “Ce n’est pas parce que c’est breveté que cela fonctionne”. J’ai déjà un peu tout testé pour essayer de me passer de solution chimique de synthèse : rien ne fonctionne à part le DEET. Pour schématiser, le DEET fonctionne en bloquant les récepteurs olfactifs des insectes, en gros il vous fait passer inaperçus.

Repulsif contre les moustiques et tiques
Le DEET à une concentration d’au moins 50%, actuellement ma seule solution contre les tiques et moustiques.

Par contre il faut faire attention en cas de forte chaleur ; l’efficacité du répulsif diminue au bout d’une à deux heures, obligeant à se pulvériser partout à nouveau. Vous vous en rendez assez vite compte lorsque l’efficacité diminue. Pensez à retirer vos lunettes et montre, et éloignez votre matériel photo, lorsque vous vous en appliquez. La substance réagit avec le plastique.




Un terrain dangereux :

En règle générale, pour la macrophotographie nous n’avons pas besoin d’aller bien loin pour réaliser nos images. Un mètre carré d’herbe suffit pour trouver des sujets en macro. Pas besoin donc de jouer les aventuriers surtout avec du matériel sur le dos. Un excès de confiance est dangereux. Cela ne sert à rien d’escalader une montagne parce que vous avez vu un papillon tourner autour d’une fleur à flanc de falaise (en plus la composition de votre image risque d’être bien nase avec juste la caillasse en arrière-plan).

Cependant il se peut que vos spots soient en pleine nature et que donc vous deviez emprunter des chemins plus ou moins stables. Pour éviter de vous abimer une cheville lors de chaque sortie, équipez vous donc de bonnes chaussures de randonnée montantes. Utilisez également des vêtements adaptés et résistants. Un pantalon bien épais vous protégera des ronces, des tiques et des écorchures si vous tombez.

Voici les chemins habituels de mes spots : quelques grosses pierres branlantes. Rien de mieux pour se faire une entorse.
Voici les chemins habituels de mes spots : quelques grosses pierres branlantes. Rien de mieux pour se faire une entorse.

Météo/soleil :

Une habitude que j’ai est de planifier 2-3 jours à l’avance mes sorties en fonction de la météo. De cette manière je m’assure d’être dans les bonnes conditions météo pour réaliser mes images. Mais cela me permet également d’éviter d’être sous des conditions dangereuses pour moi. Pour cela j’utilise principalement l’application Meteoblue. Elle me permet de pointer précisément le lieu où je me rends. De plus un diagramme permet également de prédire l’altitude des nuages, la puissance du vent… tout ce qu’il faut donc pour anticiper au mieux les conditions de prise de vues

MeteoBlue
Voici le diagramme sur Meteoblue qui me permet d’anticiper la situation en amont de mes sorties.

Ayant une peau de roux, mon principal souci est la gestion du soleil. Je ne sors jamais sans un tube de crème solaire indice 50+ et une bouteille d’eau. J’ai déjà subi des brûlures au second degré à cause du soleil et je ne veux pas endurer à nouveau cela. Je suis aussi sensible aux insolations. Sur le terrain donc si je n’ai pas d’ombre à disposition je me protège à l’aide d’un chapeau suffisamment couvrant et je m’hydrate très régulièrement.

A l’inverse, pour pallier tout risque de météo hasardeuse, j’ai toujours un poncho anti-pluie dans mon sac à dos. Celui-ci est suffisamment large pour être porté par-dessus le sac à dos, me protégeant moi et mon matériel. Et en cas de risque orageux, j’évite de me balader avec le trépied en métal, accroché à mon sac à dos, dirigé vers le ciel. Si je suis surpris par un orage, je me mets en sécurité en ne restant pas à découvert en plein milieu d’une prairie sèche.

Les chiens :

Que ce soit les chiens non tenus en laisse ou les chiens de troupeaux, j’ai un certain à priori sur le comportement de ces quadrupèdes lorsque je suis en train de réaliser des images. En effet, les animaux sont rapidement tendus lorsqu’ils sont face à des situations anormales. Et un humain à 4 pattes dans les hautes herbes est une situation anormale pour un chien qui ne croise pas fréquemment de photographes en nature. Selon le caractère de l’individu et/ou celui du maître (s’il est présent), la situation peut dégénérer.

Rosko, mon chien
Voici Rosko, mon chien ascendant vampire. Rosko est une flipette. Il est très réactif lorsqu’une situation lui semble anormale. Le problème est « qu’est ce qui est anormal pour lui » ? Pour éviter qu’il ne représente un danger pour les autres, Rosko est toujours en longe, même lors de nos sorties en pleine nature. Malheureusement, tous les maîtres de chiens ne sont pas aussi précautionneux.

                Concernant les chiens de troupeaux, la base est de ne pas se rendre sur une zone de pâturage. Si vous voyez de nombreuses traces d’animaux d’élevage ce n’est peut-être pas la peine de s’installer dans le secteur. D’autant plus que les zones piétinées par les troupeaux ne sont pas très riches en bestioles à photographier. Et si vous croisez un troupeau en vous rendant sur votre spot, n’essayez pas de le traverser, contournez le afin d’éviter une confrontation avec les chiens de protection. Si ce n’est pas possible, faites simplement demi-tour. En cas d’approche des chiens, pas de gestes brusques, on recule doucement en parlant aux animaux avec une voix douce et calme.

                Pour ce qui est des chiens de compagnie en promenade. Si un animal se montre inquiet et un peu trop intrusif, restez calme.  De la même manière : pas de geste brusque, parler au chien avec une voix amicale et douce. Si le propriétaire est visible demander au maître de rappeler/rattacher son chien calmement.

                Pour ma part, j’ai été quelque peu traumatisé lors d’une randonnée en montagne qui traversait un village. Bon ce n’était pas aussi extrême que l’aventure qu’à subie Maxime Daviron, mais ce fût suffisant pour me rendre parano depuis. Une des maisons était très bien gardée par un border collie, manque de chance la maison ne disposait pas de clôture. Le chien nous a suivis pendant une centaine de mètres en grognant tout ce qu’il pouvait à quelques centimètres de nos mollets. Depuis, lorsque je pars faire des photos ou en randonnée, j’ai toujours dans ma poche une bombe au poivre. Je ne m’en suis jamais servi et elle est avant tout là pour me rassurer et je ne l’utiliserai qu’en cas de dernier recours. En France, les bombes lacrymogènes / au poivre sont considérées comme des armes (catégorie D). Leur port et transport sont réglementés : il doit y avoir un motif légitime, et en cas de contrôle, c’est à vous de le justifier. En pratique, partir faire des photos en nature ne sera pas considéré comme suffisant selon le contexte. Une bombe au poivre peut fonctionner en dernier recours, mais ce n’est pas sans risque. Attention : les bombes lacrymogènes ne fonctionnent pas sur les chiens, seules les bombes au poivre de type OC le sont. Avec une lacrymo vous ne feriez qu’énerver, encore plus, le chien.

Bombe au poivre type OC
Si vous souhaitez vous équiper prenez bien une bombe de type OC. OC correspond à Oleoresin Capsicum. C’est un extrait huileux riche en capsaïcine, la molécule irritante du poivre ou du piment. A n’utiliser qu’en dernier recours.




Les humains :

Outre les petites et grosses bestioles, un animal particulier peut représenter un certain danger : l’Homme.

Comme dit plus haut la majorité de mes spots photo sont des réserves de chasse. Malheureusement sur la côte d’azur cela semble être les rares coins de nature qui ont survécu à la bétonisation. Ce sont les terrains de jeu des chasseurs et je dois donc faire avec. Pour cela, j’évite de me rendre sur ces spots en période de chasse. Malheureusement selon les lieux et les dérogations, cette période n’est pas toujours bien identifiable pour un non-chasseur. Si je me retrouve à proximité de coups de feu, j’ai, en cas de besoin, toujours dans mon sac à dos un vêtement bien visible ou une casquette fluo pour me signaler auprès des “premiers écologistes de France”. A cela j’ajoute une petite clochette qui signale ma présence lors de mon déplacement. Si les chasseurs sont visibles je fais signe de loin avec ces vêtements voyants.

Clochette
Ma clochette, toujours dans mon sac à dos dans une poche fermée afin d’éviter qu’elle ne fasse du bruit en permanence.

 Outre les chasseurs vous pouvez tomber sur des personnes mal intentionnées. Cela ne m’est personnellement jamais arrivé. Mais le coût de votre matériel pourrait attirer ce genre de personne. Dans ce genre de cas, il faut éviter au mieux les risques de conflit en évitant déjà les zones à risques. En cas de confrontation, le mieux est d’attirer l’attention pour qu’on puisse vous porter secours. En préparant cet article j’ai appris l’existence d’un dispositif d’alarme personnelle consistant en un petit boîtier permettant d’émettre un son à une centaine de décibels. Ce genre de dispositif permettrait de dissuader votre agresseur et d’attirer l’attention à distance de personnes pouvant venir vous aider.

Les hyménoptères et autres venimeux :

Je termine par un cas à mentionner mais qui ne m’est jamais arrivé en une quinzaine d’années de photos en nature : les piqûres d’animaux venimeux. Depuis mes débuts en photo nature je n’ai jamais été piqué par le moindre hyménoptère. Lorsqu’on fait des images en nature en général on fait attention où on met les pieds. J’observe régulièrement des frelons, des guêpes et hyménoptères en tout genre, mais ils sont bien occupés et se contrefichent de ma présence. Du moment qu’on ne cherche pas à les embêter il n’y a aucun risque. On ne fait donc pas de geste brusque à proximité de ces insectes, on ne s’amuse pas à essayer de les manipuler, de les retenir ni même de les poursuivre. Si vous tombez sur un nid par inadvertance, éloignez vous dans le calme. Concernant les autres animaux venimeux, je n’en ai simplement jamais vu lors de mes séances de prises de vues. Mais, de la même façon, si vous tombez sur un serpent, on ne s’amuse pas à essayer de le manipuler, d’autant plus que c’est interdit par la loi.

En cas de piqûre d’abeilles, guêpes et frelons, la Croix-Rouge recommande de retirer délicatement le dard avec une pince (si celui-ci est présent) et d’appliquer un soin local (crème anti-démangeaisons par exemple). Appelez le 15 ou 112 en cas d’allergie ou d’apparition de signes graves.
                En cas de morsure de serpent, les recommandations de l’assurance maladie sont : appelez immédiatement les secours (15 ou 112), restez calme en les attendant, limitez les mouvements et allongez-vous. Retirez tout ce qui est bagues, montres… qui pourraient gêner en cas de gonflement. Si possible, nettoyez la plaie avec de l’eau, du savon ou un antiseptique incolore. Immobilisez le membre atteint. Délimitez à l’aide d’un stylo ou d’un marqueur la zone de l’œdème afin de vérifier sa progression. Appliquez les recommandations des secours. Ne vous amusez surtout pas à jouer les “Rambo” en vous faisant une incision en vue “d’aspirer le venin”. Pas de garrot, pas de bandage comprimant, pas de glace, pas de pommade, pas de kits anti-venins (ils sont inefficaces et retardent souvent la prise en charge) et pas de boissons pouvant accélérer le rythme cardiaque.

Pour conclure :

J’ai essayé de détailler au mieux ici comment je prépare mes sorties et comment je m’équipe pour me sentir en sécurité seul sur le terrain. J’ai listé les dangers potentiels que j’ai observés lors de mes séances de prises de vues et comment je m’en prémunis. Bien entendu il en existe bien d’autres qui correspondront certainement plus à votre localisation et votre thématique. C’est à vous d’ajuster en fonction.

Storm
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