Exposez Vos Macrophotographies

Exposez Vos Macrophotographies

A l’heure du reconfinement, il est un peu étrange de proposer un sujet en contradiction avec les réglementations de distanciation sociale. C’est sûr qu’il va être difficile d’exposer dans les mois à venir tant que le problème de la pandémie ne sera pas résolu. Mais voyez plutôt cela comme l’opportunité de réfléchir et prendre le temps de vous organiser pour votre première exposition. Pour cela je vous propose ce petit article, que j’ai rédigé en me basant sur mes quelques années d’expériences de macrophotographe exposant. 

Pourquoi exposer ses images ?

               Lorsqu’on se lance dans la photographie, on développe rapidement l’envie de vouloir montrer ses images au plus grand nombre. Pour ma part j’ai commencé par les forums ; j’y ai peaufiné mon apprentissage technique. Ensuite sont arrivés les réseaux sociaux à travers lesquels nous pouvons atteindre des centaines, voire des milliers de personnes tout en restant chez soi. L’inconvénient c’est que vous n’aurez jamais les réactions en direct de vos « visiteurs » ; de plus, on passe vite à autre chose sur les écrans. Voulant me confronter à un avis plus humain, je me suis donc mis à exposer mes images dès 2015, soit 5 ans après mes premiers clichés. Découvrir ses propres images sur un vrai support non numérique donne un tout autre effet que d’observer cette même image sur un écran. C’est une sorte d’aboutissement. Selon la taille de votre tirage, celui-ci permettra également aux visiteurs de s’immerger dans votre univers.  Et, en vous confrontant avec le public directement, cela vous fera progresser dans votre démarche. Vous verrez rapidement si « cela fonctionne ?». Vous récolterez également de précieuses informations lors de vos échanges : quelles questions se posent les gens devant vos images, comment construire votre discours lors de vos conversations, …

La première question qu’on se pose lorsque la décision est prise, c’est tout simplement :
« Ok, mais où ? ».

Où exposer ?

               Il existe plusieurs contextes vous permettant d’exposer vos images selon ce que vous recherchez et votre caractère. SI comme moi, vous êtes dans une démarche de sensibilisation, de progression en confrontant votre regard à celui du public, ces différents contextes seront plus ou moins adaptés.

Le plus « simple », les salons et Festivals photos :

               En général ce sont des festivals organisés par les clubs photos des environs. Il en existe tout une flopée dans l’hexagone. Leur rayonnement varie beaucoup selon leur ancienneté et leur réputation. Ils peuvent avoir une dimension simplement locale ou aller jusqu’à l’internationale. Le nombre de visiteurs peut se restreindre à quelques centaines ou monter très haut pour les plus gros évènements (ex : 44 000 visiteurs en 2019 pour le Montier Festival Photo).
               L’avantage de ces festivals, c’est que les visiteurs savent pourquoi ils sont là et veulent donc voir des images. Pour peu que le festival soit orienté photos nature, vous risquerez moins de les faire fuir avec vos petites bêtes ! De plus, vous aurez autour de vous toute une équipe d’organisateurs qui vous aura tout préparé pour que vous puissiez exposer dans de bonnes conditions (normalement).
               Bien sûr, vous ne serez pas seul exposant et donc vous ne serez pas l’unique centre d’attention. Voyez cela comme un avantage. Comme vous exposerez avec d’autres photographes de tous styles, et certainement tout autre sujet, ces festivals permettent d’attirer un public éclectique. Les rencontres avec les autres exposants permettront également de vous nourrir de leurs regards et expériences, vous permettant ainsi de progresser grâce à ces échanges.
               Ces festivals ne durent la plupart du temps qu’un weekend voire quelques jours. C’est court mais cela permet de concentrer tous les visiteurs sur une durée restreinte. Pas le temps de s’y ennuyer donc, si les organisateurs n’ont pas négligé la promotion du salon.

Affiche du Festival photo Ventoux – Baronnies 2019. Un super festival où j’ai exposé ma série Empus’art.

Les lieux plus conventionnels :

               Régulièrement, en vous promenant en ville, vous tomberez sur des lieux susceptibles d’accueillir des expositions de photographie. Il suffit alors d’identifier qui s’occupe de la gestion de cette salle : la mairie, une association du coin, un collectif d’artistes ?
               Dans ces lieux vous serez seul exposant, si vos tirages vous permettent de remplir la pièce. C’est un avantage mais également un inconvénient. Car toute la visibilité de l’exposition reposera sur vous. Si par exemple la signalétique de l’exposition prise en charge par les gérants de la salle ne varie pas d’une exposition à l’autre, votre présence passera alors inaperçue aux yeux des passant trop habitués aux affichages. Il faudra alors que vous bossiez la signalétique vous-même. En mettant de côté cet aspect signalétique, vous risquez de passer des jours à attendre que les visiteurs pointent le bout de leur nez. En général, on ne fait l’erreur qu’une fois. Et surtout, si votre présence est obligatoire sur place, vous risquez de trouver le temps long. Petit conseil supplémentaire, plus vos affiches seront grandes, mieux cela fonctionnera (un format A3 est le minimum). Pensez au stop-trottoir, bâches, …

Lorsque nous avions exposé à l’office de tourisme de Valberg nous avions signalé l’exposition en improvisant un affichage à la craie. Ceci nous a permis de faire rentrer plusieurs dizaines de personnes dans l’office de tourisme lors de nos jours de présence.

               Si vous mettez trop en avant le côté photographie d’insectes sur votre signalétique, vous risquez de rebuter les gens. C’est malheureux à dire mais les aprioris/préjugés sur le monde des insectes ne jouent pas en votre faveur pour espérer attirer les foules. Ne mettez donc surtout pas de gros plan de bestioles sur vos affichages, jouez sur le côté artistique. Même en procédant ainsi vous risquez d’avoir tout de même des gens qui feront demi-tour dès qu’ils verront que votre sujet porte sur les petites bêtes… je l’ai déjà vécu : « ah nan ce sont des insectes ». Pas de soucis, tous les goûts sont dans la nature, le visiteur suivant rentrera certainement dans la salle.

Les plus élitistes : les galeries d’art :

               Je ne pourrai pas dire grand-chose sur ce sujet puisque je n’ai jamais exposé dans ce type de lieu. Il faut comprendre que le but des galeries d’art est de vendre des œuvres pour faire vivre la galerie et son personnel. Il faut donc que l’artiste exposé puisse faire venir de potentiels acheteurs. Je me trompe peut-être mais je pense que pour pouvoir exposer dans ces lieux, il faut une renommée minimum pour séduire les commissaires d’exposition.

Les moins adaptés : bars/restaurants :

               Je ne suis pas du tout fan de ce type de lieux, tout simplement parce que les gens y vont pour tout autre chose que de voir des photos. Ayant déjà exposé dans des bars disposant d’un coin expo, je peux vous assurer que le retour de ces expos est égal à 0. De plus, les aprioris concernant le monde des petites bêtes feront que les restaurateurs n’accepteront que très rarement d’afficher vos macros dans leur restaurant. A cela s’ajoute le grand risque de projections de nourriture ou de boisson sur vos tirages… 

J’ai réalisé ma toute première exposition dans un bar du côté de Lyon. Super bar-spectacle mais retour sur exposition égal à zéro.

Les écoles :

               Si avant de passer par cet article vous avez lu celui concernant le collectif Esprit Nature, vous comprenez déjà où je veux en venir. C’est LE lieu où votre côté militant trouvera tout son sens. Ce type de lieu vous permettra de sensibiliser les enfants à la nature. Le tout est de monter une exposition vous permettant de proposer aux enseignants d’utiliser vos images comme un support original pour leur programme scolaire. Rappelez-vous que les premiers intervenants dans les écoles à venir parler de nature aux enfants sont ceux qui se sont autoproclamés « Premier écologiste de France »… La plupart des photographes de nature se disant militants, je ne comprends pas pourquoi ce type d’intervention ne se multiplie pas dans la communauté des chasseurs d’images.
               L’avantage est que votre public est déjà sur place et sera par nature curieux. L’inconvénient est que cela vous demandera une certaine capacité pédagogique et des tirages résistant aux potentiels traces de doigts et autres de la part des enfants. Le plus dur sera de jouer avec votre réseau pour identifier les enseignants et écoles potentiellement intéressés par votre projet et votre série.

Les enfants de l’école primaire du Baus Roux de la Roquette-sur-Var devant nos images dès la fin de l’installation.

               Il vous faudra aussi adapter les tirages à la situation, événement, lieu, …. Selon que vous exposez dans une galerie ou dans une école, les tirages ne seront certainement pas soumis aux mêmes contraintes et risques.

Avec quoi ?

               Il existe une multitude de possibilités Je vais résumer les plus classiques et celles que j’ai déjà testées. Mais sachez qu’aujourd’hui il est possible d’imprimer vos images sur à peu près tout support existant. 

Le format :

Les tirages sous-cadre :

               C’est en général la première chose à laquelle on pense. C’est le grand classique en décoration d’intérieur mais pour moi ce n’est pas le format le plus simple à utiliser en exposition et ce pour plusieurs raisons :

  • les reflets : la vitre vous permettra certainement de protéger votre tirage des visiteurs mais, selon l’éclairage du lieu où vous exposerez, il formera très certainement des reflets qui gênera les visiteurs lors de leur visite. Et ce à tel point que la plupart des photographes privilégiant ce format préfèrent retirer la vitre lors des expositions.
  • l’encombrement : plus votre expo sera grande, plus il faudra prévoir un nombre de cadres important et plus l’encombrement lié à leurs stockage et déplacement sera grand. Cependant, si vous changez d’expo, vous n’aurez juste qu’à intervertir les tirages au sein des cadres.
  • le poids : à force de trimballer vos cadres d’expos en expos vous vous rendrez rapidement compte de l’intérêt d’utiliser des supports moins lourds.
  • le gondolage : si vous exposez dans une salle où les variations d’hygrométrie sont grandes, vos tirages s’étireront plus au moins tout en étant bloqués dans le cadre. Le papier formera alors des vaguelettes disgracieuses. Il existe cependant des techniques pour limiter ce phénomène en scotchant le haut du tirage sur une marie-louise. Mais n’étant pas adepte de ce format je ne m’étendrais pas sur le sujet.
Pour notre exposition collective au parc Phoenix, Emmanuel Juppeaux avait fait le choix d’utiliser des cadres.

Le dibond :

               Le dibond est une plaque rigide constituée de polystyrène enrobée de couches d’aluminium. C’est un support solide et léger. A l’arrière de la plaque se trouve un système vous permettant d’accrocher directement le dibond sur les murs de votre exposition. Votre image est alors imprimée, soit directement sur la plaque, soit sur un papier lui-même ensuite collé sur la plaque. On parle alors d’impression direct ou de contre collage.
               C’est le type de support que je privilégie. C’est un support peu encombrant, léger et qui ne provoque pas de reflets disgracieux. Pour des tirages de qualité, il faudra plutôt envisager des tirages contrecollés. Cependant, ceux-ci seront sensibles aux traces de doigts. Vous pouvez, chez la plupart des labos, demander un pelliculage qui protégera votre tirage, mais cette option fait grimper le tarif et ne vous protégera pas des risques de rayures. A l’inverse, les tirages en impression directe sont résistants aux « attaques » des visiteurs, vous pourrez même passer un léger coup de chiffon sans risquer d’abimer le tirage. L’inconvénient c’est que la qualité d’impression est moindre, les différentes teintes sont moins bien restituées notamment dans les noirs.

               Avec ce support, pas besoin de cadre puisque votre dibond dispose directement du système d’accroche (à ne pas oublier de commander sur certains sites de laboratoire). L’encombrement sera moindre, pour une dizaine de tirages il sera de l’ordre d’un carton de 15 à 20 cm. Attention en revanche à tout bien caler dans le carton, il serait dommage que les tirages frottent les uns sur les autres et qu’ils deviennent inutilisables. Vous pourrez réutiliser les cartons et le conditionnement avec lequel votre labo de tirages vous aura tout envoyé. Un peu de papier cristal ou de papier bulle vous permettra de compléter le tout.

Le dibond, un support léger et pratique mais à manipuler avec précaution (surtout si ce sont des tirages contre-collés). Pour info, ce tirage est à vendre, n’hésitez pas à me contacter si vous êtes intéressé. 

               A ces deux types de support classique s’ajoutent d’autres supports que vous pourrez trouver chez différents laboratoires en ligne : toiles, forex, plexiglace, acrylique … Honnêtement, ce sont des supports bas de gammes qui n’ont que comme avantage un coût/prix modique. Mais, si vous voulez réaliser une exposition pour pas cher … vous en aurez pour votre argent…

Pour l’extérieur :

               Pour nos expositions extérieures, avec le collectif Esprit Nature, nous sommes partis sur des tirages directs sur PVC.  Cela résiste aux intempéries, le tout pour un tarif modeste permettant de les remplacer facilement en cas de casse. C’est également un support léger facilement transportable, permettant de multiplier les accrochages et décrochages sans devoir prévoir des phases de récupération musculaire. Il existe aussi des impressions sur bâche mais leur aspect non rigide vous obligera à passer du temps à chaque accroche pour bien les tendre afin d’éviter les plis disgracieux. Les bâches seront plus utiles à la signalétique de l’exposition plutôt qu’à l’exposition elle-même.

Première utilisation de notre exposition extérieure sur les grilles de la maison du parc du Mercantour à Barcelonnette l’été 2020.

               Volontairement, je n’ai pas discuté de la palette de papiers d’art utilisables pour réaliser des tirages, c’est un vaste sujet que je n’ai que très peu explorer pour le moment. Peut-être dans un futur article proposé sur ce blog quand j’aurai progressé sur le sujet.

Quelle taille ?

               De mon expérience, plus un tirage est grand plus votre image aura d’impact sur le public. Mais plus les tirages seront grands, plus il risque d’être difficile de trouver la place où les accrocher. Et selon la structure de la salle, il se peut que vous ne puissiez pas les mettre n’importe où.
               Une taille minimale de 40X60 cm pour des dibonds est un bon début pour accrocher le regard des gens. Jusqu’à cette année, c’est le format que j’ai privilégié car il est facile à placer dans la plupart des expositions. Pour les tirages sous-cadre, un cadre de 60 x 80 cm contenant un tirage de 50 x 70 cm sera amplement suffisant pour les expositions.
               Depuis quelques mois, je suis passé à la taille au-dessus avec des dibonds de 60 x 90 cm et même deux de 120 x 80 cm. Les grandes tailles permettent de s’immerger complétement dans l’ambiance de l’image.

Mes deux tirages de 120 x 80 cm permettent réellement de se plonger dans l’ambiance formée à la prise de vue. Mais je dois les stocker dans un local faute de place.

               Mais je pense que c’est plus une question de goût et d’envie. Il ne faut pas non plus négliger l’aspect stockage. Car la majorité du temps vos tirages seront chez vous à attendre la prochaine exposition.

Comment accrocher vos tirages ?

               Personnellement, pour les expositions en intérieur où le matériel d’accroche n’est pas fourni, j’utilise la même méthode depuis 5 ans : chaînettes et crochets. Avec cela, je n’ai jamais eu de problème pour accrocher où que ce soit et sur n’importe quel support d’exposition. J’ai utilisé ce système sur des panneaux, des grilles, des cimaises, … il est facilement adaptable à toute situation. Le poids de la chaînette permet également de lester les tirages et ainsi qu’ils ne soient ballotés par le moindre courant d’air. Pas de problème non plus de décalage du tirage par rapport aux murs, comme ça peut être le cas avec des perlons usés. De plus, vous pourrez replier la chaînette sur elle-même pour éviter qu’elle ne dépasse en-dessous des photos.
Pour les tirages extérieurs en PVC et bâches de signalisation, rien de plus simple : serflex et fil de fer.

Chaînettes et crochets permettent de s’adapter à presque toutes les situations, comme ici dans les serres des Rencontres de la Photo de Chabeuil en 2019.

Où faire faire vos tirages ?

               C’est une question récurrente qu’on me pose lors de mes expos, d’où viennent mes tirages, de chez qui ?
               Mes tous premiers tirages, je les ai fait faire chez un franchisé du coin de la rue … je me suis retrouvé avec un tirage cher, fait sur une machine non calibrée, puisque les couleurs étaient différentes de ce que mon image me donnait sur mon écran, calibré lui.
               Après cette première expérience peu concluante je suis parti sur une valeur sûre, le laboratoire qui s’occupe des tirages du concours international du festival photo de Montier-en-Der:  TiragesPro. J’ai fait faire tous mes tirages d’expos à 90% chez eux. L’équipe est disponible et de bon conseil. Un simple coup de fil suffit pour un renseignement ou une demande un peu particulière. Par exemple, faire un tirage sur dibond ovale d’un gros plan de diablotin pour l’encadrer avec un encadrement vintage. Et leur SAV est au top ! En plus, avec le code promo « WELCOME », vous aurez -5% sur votre première commande chez TiragesPro. Cependant, ils ne font pas d’impression directe sur dibond, l’impression direct n’étant pas assez qualitatif par rapport à ce qu’ils proposent. 

Site du laboratoire TiragesPro. Foncez y faire vos tirages, vous ne serez pas déçus.

               Pour mes tirages en impression directe, je n’ai pas encore trouvé de labo avec lequel je suis aussi content qu’avec TiragesPro. Je ne peux donc pas encore vous conseiller.
               En ce qui concerne nos tirages sur PVC que nous utilisons lors des expositions du collectif en extérieur, nous les avons fait réaliser chez une entreprise locale : Image Media Sud

               Lors de votre première expo en festival, n’hésitez pas à poser la question aux autres exposants, chaque photographe a sa propre expérience sur le sujet et chacun a son labo fétiche. Vous aurez compris lequel était le mien.

Combien de tirages ?

               La première erreur est de vouloir mettre trop d’images. Vous risquez alors de noyer le visiteur. Si vous exposez avec des formats d’au moins 40×60 cm, il est conseillé de se restreindre à une photo par mètre linéaire. Cependant, dans la plupart des petits festivals vous serez probablement limité à un stand de 3 ou 4 mètres linéaires, contentez-vous alors de 2 tirages par mètre linéaire répartis sur 2 lignes.

Répartir vos images sur une seule ligne vous évitera de perdre vos visiteurs.

               Maintenant que vous savez où exposer et avec quoi, voyons comment constituer un dossier de base, avant de commencer à contacter les organisateurs, gérants et responsables des différents lieux décrit plus haut.

Comment exposer ?

               C’est très simple, il vous suffit de vous créer un dossier d’exposition. Il vous permettra de remplir les dossiers de candidature, ou vous servira de document à envoyer à vos interlocuteurs ou à remettre en main propre.

Le dossier d’exposition :

               Si vous répondez à un appel à candidature pour un festival, vous aurez la plupart du temps un document à remplir contenant classiquement :

      • vos coordonnées
      • votre présentation/biographie de quelques lignes : qui vous êtes, votre vision de la photographie, …
      • la présentation de votre sujet en quelques lignes : sur quoi votre série porte, comment avez-vous abordé le sujet …
      •  le nombre de tirages, leurs formats et tailles.
      • des miniatures de vos images ou au moins une partie.

               A partir de cette base, vous pourrez candidater à tous les festivals photos des alentours. Pour compléter votre dossier vous pourrez également ajouter votre CV de photographe. Il devra alors résumer l’ensemble des expositions auxquelles vous avez déjà participé, et les éventuels prix reçus depuis vos débuts photographiques. Celui-ci sera à étoffer au fur et à mesure de vos expériences. Mais attention à ne pas vouloir absolument tout y mettre. Si votre CV tien sur 5 pages, sélectionnez vos expériences qui sont réellement pertinentes et qui vous valorisent.

               A titre d’exemple, vous pouvez trouver sur le site de Patrick Goujon, art -macrophotographie.fr, le dossier d’exposition qu’il a envoyé au comité de sélection du festival Photo de Montier en Der. Pour ma part, mon dossier est moins stylisé que celui de Patrick, mais il regroupe les mêmes éléments demandés.
               Pour ces festivals, les candidatures sont en général ouvertes sur une durée restreinte de quelques semaines. A vous donc de surveiller les dates de candidatures. Vous pouvez pour cela vous abonner aux pages facebook des festivals en question, pour être averti au bon moment. Vous n’aurez plus alors qu’à suivre la procédure indiquée sur le règlement du site du festival.

               Pour les salles d’expositions gérées par les mairies, associations ou collectifs, il n’existe en général pas de période spécifique. Cela fonctionne plutôt par candidature spontanée. Il vous suffira de trouver la personne à contacter et de lui demander les modalités de candidature pour exposer dans le lieu identifié en glissant votre dossier d’exposition en pièce jointe. En général cela suffira si la personne est intéressée par votre exposition. Attendez quelques semaines, voire quelques mois. Si vous ne recevez pas de réponse, vous êtes peut-être tombé sur une période où la personne que vous essayez de joindre est trop occupée et n’a pas pris le temps de lire votre mail. Si après une relance, vous n’avez toujours pas de nouvelles, considérez que cela n’est pas la peine d’insister.
               Pour les galeries, plus élitistes, il sera plus judicieux de proposer un rendez-vous pour discuter de visu avec le commissaire d’exposition. Vous vous déplacerez alors avec une version papier de votre dossier que vous accompagnerez de quelques tirages en petit format de votre exposition. Ceci lui permettra de juger de la qualité de vos tirages.
               Pour les écoles, des images de vos tirages en situation seront intéressant à joindre à votre dossier. Cela permettra aux enseignants de visualiser leur attrait pour les enfants et se rendre compte de leurs tailles afin de les intégrer au mieux dans l’école. Ce dossier sera un peu différent de ceux décrit ci-dessus. Votre CV de photographe n’aura aucun intérêt. C’est comment les professeurs pourront utiliser vos images comme supports pour leurs cours qui les motivera. Le but est donc de leur montrer que oui, photos peuvent les aider de manière originale et attrayante pour capter l’attention des élèves.

               Maintenant que tout est prêt, que vous êtes installé, comment se comporter avec le public ? 

Comment interagir avec les visiteurs ?

               La plupart des photographes préfèrent être derrière l’objectif que sur le devant de la scène. Il est donc difficile pour une majorité de photographes de se montrer et de réussir à se mettre en valeur. Etant de nature timide, je n’étais pas très à l’aise à mes débuts d’exposant. Ici, je vous donne les quelques techniques que j’ai développées au cours de mes expériences.

L’approche :

               Rapidement vous constaterez que certains visiteurs aiment discuter avec les auteurs des images et que d’autres, à l’inverse, se sentent agressés dès que vous essayez d’entrer en contact. La meilleure chose à faire est donc de ne surtout pas leur sauter dessus dès leur arrivée. Un simple « bonjour » vous permettra de rapidement constater dans quelle catégorie entre votre interlocuteur. S’il vous fait la tronche, laissez le tranquille, il viendra vers vous s’il a une question précise.
               Si vous sentez que la discussion est possible, laissez tout d’abord le temps aux gens de regarder vos images. Ils commenceront par se poser des questions entre eux. L’avantage avec la macrophotographie est que les visiteurs cherchent toujours à identifier le sujet. Profitez alors d’une erreur pour intervenir : « t’as vu les phasmes !? » ; « Perdu ce, ne sont pas des phasmes ! 😊 ». A partir de là, le discours pourra s’engager en répondant aux premières interrogations autour de votre sujet.           

Ma première exposition avec ma série Empus’art lors du 4ème Salon Monts d’Or Photos de Saint-Didier-au-Mont-d’Or. Un sourire et la discussion démarre facilement.

   

Le discours :

               A force de rencontres avec les visiteurs et de questionnements de leur part, vous vous rendrez rapidement compte que ce sont souvent les mêmes interrogations qui reviennent. Vous constaterez également que c’est sur les mêmes images qu’ils accrocheront. En sachant dès le départ quelles questions reviendront, vous pourrez donc vous y préparer et orienter la discussion vers où vous voulez en venir. Ça à l’air plus facile à dire qu’à faire, mais je peux vous affirmer que c’est quelque chose qui se fera tout naturellement.

1er salon de la Photographie de Rillieux-la-Pape, ma toute première exposition en festival. Modeste exposition et discussions timides pour mes premiers pas en festival.

Garder son calme :

               En vous confrontant aux regards du grand public, vous vous confronterez au monde réel et aux aprioris. La plupart des gens sont bienveillants en expositions, mais peuvent avoir des mots maladroits qui risquent de vous froisser. C’est d’autant plus vrai avec la macrophotographie d’insectes, qui vous vaudra sûrement quelques remarques d’entomophobes. Il faut tout simplement garder son calme. De toute manière on ne peut pas plaire à tout le monde et dans la minute qui va suivre vous serez très certainement en train de discuter avec d’autres visiteurs.
               Sur les aspects techniques, vous aurez probablement droit aux petites remarques ou questions qui énervent la plupart des photographes (de nature ou non) : « Vous devez avoir un super matériel pour faire cela ? ». Comme si vous n’étiez pour rien dans cette production d’images.  Il vaut mieux prendre cela sur le ton de la rigolade. La meilleure réponse m’est venue d’Emmanuel Juppeaux : « Ah oui, mon appareil photo est tellement bien que j’ai juste à le poser par terre en sortant de la voiture et il va faire les photos tout seul. ».
               Il existe une autre catégorie de personnes qui heureusement, sont en très faible nombre : les gros reloux. En règle générale, il y en a toujours un par salon ou festival qui fait le tour de tous les stands, qui ne prend pas le temps de regarder ce qui est exposé et qui va essayer de prouver par a + b à tous les exposants qu’il fait mieux avec son smartphone.
Là, plusieurs options :

    • l’envoyer chier, mais vous risquez de faire fuir les autres visiteurs autour de vous en instaurant une mauvaise ambiance.
    • l’ignorer, mais en général ils sont collants. Il faut alors serrer les dents et attendre qu’il s’éloigne de lui-même (c’est ma technique).
    • le repérer et fuir lorsqu’il arrive sur votre stand. Ça ne fonctionne que pendant les festivals et si les autres exposants l’ayant déjà subi ont pu vous prévenir.
    •  aller dans son sens et l’inviter à candidater pour la prochaine expo, si vous aimez jouer les hypocrites.
Nicolas Cegalerba devant ses Komodo sur notre stand lors du festival Explorimages 2019.

Proposer de quoi garder contact :

               Dans le cas où l’interaction c’est bien déroulé et que votre interlocuteur a bien accroché sur votre exposition, proposez-lui de voir le reste de votre travail en lui laissant une carte de visite sur laquelle se trouve l’adresse de votre site Internet.
               Si votre site Internet dispose d’un formulaire d’abonnement à Newsletters, c’est le moment aussi de lui proposer de s’y inscrire en lui expliquant que vous y signalerez vos prochaines expositions.
               Ainsi, d’expositions en expositions vous vous constituerez un public avec lequel vous garderez contact, une sorte de fan-club qui vous permettra d’initier le bouche à oreille.

Et après ?

               Vous avez rempli votre mission de sensibilisation lors de vos expositions et différentes interactions, mais que faire des tirages, et comment renflouer les caisses après toutes ces dépenses engendrées ? Vendre ses tirages ?

Jean-Joaquim Crassous répondant aux questions des enfants venus voir notre exposition au Parc Phoenix.

Comment vendre ?

               Je préfère vous avertir, je n’ai jamais vendu le moindre tirage en exposition. Ce genre de vente est très rare et c’est d’autant plus vrai pour la macrophotographie d’insectes.
               La vente d’image est un très vaste et très réglementé selon les différents statuts de photographe, professionnel ou non. En tant que photographe amateur, vous n’êtes officiellement pas non plus autorisé à vendre des « goodies » type cartes postales ou autres petits formats pas chers qui ne sont ni signés ni numérotés.
               Je ne m’étendrai pas plus sur le sujet, plusieurs ouvrages le traitent déjà suffisamment en détail. Je vous conseille notamment le livre de Joelle Verbrugge « Vendre ses Photos » (faites attention à prendre la toute dernière édition) et son blog

Pour aller plus loin :

               Il est difficile de résumer la vaste question des expositions de photographies en un article de blog. Pour aller plus loin, je vous propose donc un excellents livres sur le sujet : « Exposez vos photographies » de Nicolas Poizot.

En espérant vous avoir aider pour vos prochaines expositions.

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