Le High Key

Le High Key

Mes macrophotographies sur fond blanc interloquent régulièrement les visiteurs sur mes expositions :

« Comment vous avez fait ? C’est un détourage sur Photoshop ? »

Sur les réseaux sociaux, on me fait également des commentaires, mais de manière un peu plus brutale, genre : ce n’est que de la retouche, du bidouillage… rien de bien complexe/compliqué !

Il n’y a pas de retouche excessive sur ce type d’image comme peuvent le penser la plupart des gens. Le  high key est assez simple à réaliser dès la prise de vue et en pleine nature lorsqu’on maîtrise son appareil photo.

Je vais vous expliquer dans cet article comment je procède.

 

Qu’est-ce que le high key ?

Avant de partir dans les explications techniques, revenons à la base : 

Qu’est-ce que le high key ?

Un high key est tout simplement une photographie dont les tons dominants sont dans les valeurs claires.

Je réalise ce type de macrophotographie avec des insectes dont le graphisme me semble attrayant ou lorsque ceux-ci sont placés sur un support intéressant. Le high key permet de donner un côté minimaliste et très épuré qui rappelle souvent, aux visiteurs de mes expositions, le style des estampes japonaises ou la calligraphie.

 

 

De plus, ce type d’image est facilement réalisable et permet de s’affranchir d’un arrière peu intéressant. Cela peut être le cas par exemple lorsqu’on se trouve dans un milieu très ouvert où la végétation environnante est trop rase pour former un bokeh avec du relief.
 

Comment faire un high key ?

Pour ma part, je réalise ce type de photos lorsque je suis dans un milieu ouvert.
La raison est simple : le fond blanc est en fait le ciel.

 

Un fond naturel …

Lorsque je trouve un sujet intéressant,  je me place en contre-plongée de manière à n’avoir que le ciel en arrière-plan. Le boîtier est la plupart du temps réglé sur le mode « priorité ouverture », avec un diaphragme fermé à f/8-9. Ceci me permet d’avoir une profondeur de champ suffisante pour avoir le sujet et son support nets. J’applique alors une correction d’exposition de + 2 à + 3 IL. C’est ce paramètre clef qui va permettre de blanchir complètement le ciel et donner ce type d’image. Ensuite je règle la sensibilité du capteur en fonction de la vitesse de prise de vue. Je fais en sorte que la vitesse ne passe pas en dessous de 1/la longueur focal de l’objectif. Utilisant un 100mm macro, je règle la sensibilité pour ne pas passer en dessous de 1/100sec.  Ceci permet d’éviter le « flou de bouger » dû aux tremblements.

 


… mais pas toujours

D’autres photographes utilisent un fond blanc pour réaliser leurs images. Ce fond est alors éclairé par un flash déporté pour le « blanchir » lors de la prise de vue. Je ne suis pas trop fan de cette technique car c’est assez long à mettre en place et plus encombrant.

Cependant, dans certains cas cette installation est obligatoire. Par exemple, pour la photo ci-dessous le rapport de grossissement est tel que la lumière ambiante n’est pas suffisante pour permettre de blanchir l’arrière-plan. En effet, les gros plans sont gourmands en lumière. Pour cette image, j’ai donc utilisé deux flashs. Un premier flash, fixé sur l’objectif, m’a permis d’éclairer l’insecte. Le deuxième flash, déporté à 1 mètre, a permis d’éclairer un fond blanc.

 

 

Le petit côté vaporeux

« Oui mais comment vous faites pour gommer la base de la tige, ça c’est retouché ! »

Eh non, toujours pas, l’aspect vaporeux à la base des tiges est tout simplement produit en plaçant un objet blanc (pierre, mouchoir, …) entre l’objectif et la tige. En intercalant cet objet vous créez un flou d’avant-plan, celui-ci étant dans la même gamme de teinte que le ciel en arrière-plan ;  il sera alors surexposé de la même manière. Cet effet permet d’éviter que le support ne coupe le cadre et amplifie le côté graphique de la scène.

 

 

Un minimum de retouche

Voilà, le plus gros est fait. Ensuite, sur ordinateur, il faudra s’assurer que le blanc est vraiment blanc et non grisonnant. La présence de nuages dans le ciel peut par exemple provoquer des zones plus sombres dans le fond. Il faudra alors appliquer sur Photoshop une surexposition après avoir fait une « sélection de plage de couleur » sur l’arrière-plan.

Avant le passage sur Photoshop
Après le passage sur Photoshop

Attention à ne pas être trop répétitif :

Le hig key est facile à mettre en œuvre lorsque les conditions sont réunies. Mais les images produites peuvent vite être redondantes. Il faut alors penser à trouver des sujets différents ou des supports de formes variées. C’est ce que j’ai essayé de faire dans ma série Empus’art.

 

Les spécialistes du high key :

               Si vous êtes, comme moi, fan de macrophotographie et de proxiphotographie vous devez déjà connaitre les images de Stéphane Hette et Bastien Riu. Ce sont des grands spécialistes de la macrophotographie et du high key. Je connais le travail de ces photographes depuis mes débuts. Mais c’est lors d’un festival que je me suis réellement intéressé à ce type d’image et que j’ai voulu tenter l’expérience.

Lors du salon Mont d’Or Photo 2016, j’avais comme voisin d’exposition Gilles Duperron qui exposait sa série « Pure ». Ce sont nos multiples échanges lors de ce weekend qui m’ont donné envie de sauter le pas. Aujourd’hui Gilles travaille sur une série de high key sur les fourmis. Pour avoir vu quelques images de la série sur sa page Facebook, je dois vous avouer que j’ai hâte de voir sa prochaine expo.

               J’espère que cet article vous aura donné envie de tenter l’expérience. Si vous souhaitez être coaché sur le terrain pour vous faire la main sur ce type de prises de vues, je vous invite à vous inscrire à ma newsletter en bas de page. Je proposerai dans les mois à venir des stages sur cette thématique.

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